Imprimer

Définir un conflit et un rapport de force

Un conflit, c’est lorsqu’il y a un désaccord qui implique des réactions entre deux personnes et que les deux tiennent fermement à leur opinion. Cela se manifeste par: 

1. sensation de malaise;

2. besoin de se retirer;

3. attitude plus défensive;

4. communication plus difficile.

 

Il y a par contre une différence entre un conflit et un rapport de force. Pour qu’il y ait rapport de force, on doit répondre «oui» aux trois questions suivantes:

         1. L’une des deux parties a-t-elle cherché à gagner à tout prix?

         2. L’une des deux parties a-t-elle utilisé la violence pour arriver à ses fins?

         3. L’une des deux parties a-t-elle été contrainte dans cette situation?

  

1- Source: « Branchons-nous sur les rapports de force » du Regroupement provincial des maisons d’hébergement.

 

Comment fait-on la différence entre agresseur et victime?

Personne agresseur

Personne victime

Tout ce qui arrive n’est pas de sa faute.

Prend tout le blâme.

Parle du comportement de l’autre.

Essaie de comprendre l’autre.
Parle peu de ses sentiments et quand elle en parle, elle se prépare d’avance. Ramène les comportements, les dires des autres et les justifie.

Est une personne prompte.

Est une personne tolérante.
Interprète négativement ce que l’on dit en défavorisant l’autre. Interprète négativement ce que l’on dit en se défavorisant.

Se donne le droit à la colère.

Ne se permet pas de colère.
A de la facilité à utiliser la flatterie ou la manipulation. Utilise la flatterie dans le but de montrer la supériorité des autres.
Les personnes autour doivent fonctionner à sa façon et elle les trouve bizarres si elles ne le font pas. Tout le monde est mieux qu’elle.

Refuse d’être confrontée.

Se remet facilement en question.

Interprète son agression comme une colère.

Justifie les agressions des autres.

Ne s’excuse jamais.

S’excuse constamment.

 

Adapté à partir du document : La violence conjugale dans les couples lesbiens, donné par le groupe GIVCL : Groupe d’intervention en violence conjugale chez les lesbiennes. (1998), lors d’une concertation entre des représentantEs des trois maisons d’aide et d’hébergement pour femmes et enfants victimes de violence, L’Autre-Toit du KRTB, La Gigogne de Matane, La Débrouille de Rimouski et des deux groupes pour conjoint C-T-A-C, Trajectoires Hommes du Bas St-Laurent.

 

Il fait l’objet de quelques modifications à partir de l’expertise de chacun des groupes impliqués tant dans sa réalisation que dans leur travail auprès des personnes vivant dans un contexte de violence.

 

Démêler chicane de couple versus violence conjugale

 

Concept violence conjugale versus conflit au sein d’un couple

  Violence Conflit
Définition

La violence consiste en un rapport de domination d’une personne sur une autre (Cycle/phases). Il ne s’agit pas seulement de gestes mais bien d’un ensemble de stratégies mises en place pour réaliser cette domination.  La personne dominée adoptera un comportement de défense et aura, entre autres, peur d’exprimer son opinion.

 

Les deux personnes se battent (défendent) pour faire valoir leur point de vue et non pour écraser l’autre.  Le sentiment de «peur de dire» n’existe pas.
   Le pouvoir sur l’autre   Le pouvoir sur la situation 
Quatre caractéristiques pour faire la différence

Recherche du pouvoir sur l’autre et non sur la situation.

L’intention

L’intention pour dominer l’autre s’inscrit dans une stratégie: mettre l’autre dans l’impuissance (gains).

La persistance 

Présence du cycle de la violence, phases, conflit tourné vers la personne, etc.

L’impact

La victime sera obligée d’être stratégique pour réussir.

Recherche du pouvoir sur la situation et non sur l’autre.

L’intention

Il n’y a pas nécessairement de stratégie, l’action est plus spontanée.

La persistance 

Il peut y avoir une certaine récurrence lorsque le conflit n’est pas géré et qu’il ne se règle pas.  Par contre, il n’est pas tourné vers la personne mais sur la situation.

L’impact

Dans le conflit cette notion n’existe pas.

Autres points de repères

Il y a la honte.  La personne veut cacher des choses, elle cherche à protéger le conjoint.

La situation se répète inlassablement. 

La victime se sent dans l’impuissance.
 

 

Questions à se poser afin de déterminer si la violence existe dans la relation de couple1: 

 

Y a-t-il un des deux partenaires qui est prêt à tout pour gagner et avoir le contrôle sur l’autre? Même avoir recours à la violence sous une forme ou une autre?  En attaquant l’autre, en lui faisant peur, en l’infériorisant ou l’humiliant? Est-ce que le sujet n’est qu’un prétexte pour contrôler?

 

(Pouvoir sur l’autre)

 

Peut-on percevoir chez ce même partenaire son intention? Est-ce celle de dominer sa partenaire? Avez-vous l’impression qu’il y a quelque chose de mystérieux entourant cette relation ou même l’intention des gestes posés? (Intention)

 

Y a t-il des indices qui indiquent que ce n’est pas la première fois qu’une telle scène a lieu dans cette forme? Y a-t-il eu des crises semblables répétant le même processus avec des phases de contrôle et des phases de récupération exercées par le même partenaire? (Persistance)

 

Y a t-il un des deux partenaires qui a vécu une contrainte, qui a été diminué et qui a eu peur de réagir ou du moins qui a dû « mesurer» sa réaction? Si oui, était-ce l’autre partenaire? (Impact)

 

Lorsque l’on répond « oui » à ces quatre questions, c’est que nous sommes en présence d’une relation où il y a de la violence conjugale.  Il est fort possible d’ailleurs que la victime veuille protéger son partenaire et moins lui répliquer en public que dans une situation de conflit conjugal où le rapport est davantage égalitaire.

 

Si, par contre, nous sommes incertainEs de nos réponses, que nous considérons que les deux veulent gagner quelque chose, qu’il y a eu des gestes mais que ces mêmes gestes pourraient être aussi vus comme de l’agressivité (agression expressive) et que les deux ou aucun des deux ne se voient victimes dans cette situation, c’est probablement un couple qui vit une chicane ou une crise.

 

 

 

 

 

1- Source: « Branchons-nous sur les rapports de force » du Regroupement provincial des maisons d’hébergement