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MON CONJOINT PEUT-IL CHANGER?

Cela dépend de SA volonté et non de LA TIENNE.

Le partenaire contrôlant doit choisir de changer son comportement et il est le seul à pouvoir prendre cette décision… s’il le veut réellement.

Souviens-toi bien que tu ne peux absolument pas changer ton partenaire  (s’il n’en a pas l’intention), même si tu devais y consacrer les plus belles années de ta vie.

Puisqu’on ne peut «forcer» quelqu’un à changer, comment peut-il amorcer un changement? Quand une personne utilise la violence, c’est qu’il y a un gain, par ce moyen la personne arrive à ses fins… ça marche! Alors, pourquoi changer une formule gagnante???

Anna Ganley affirme : qu’un conjoint violent ne change qu’à partir du moment où il est confronté, mis au pied du mur ou puni, par de nombreuses personnes différentes, dont certaines ont au moins autant de pouvoir que lui. Il faut qu’il y ait un arrêt d’agir, il faut briser le cycle de la violence.

 

Comment évaluer si ton conjoint change?

Ton partenaire peut aller chercher du soutien mais cela ne veut pas dire qu’il changera pour autant. Pour savoir s’il change, c’est son comportement que tu dois observer et vérifier régulièrement. Poses-toi ces questions: « Cette intervention est-elle efficace? La violence a-t-elle cessé?»  Ensuite, pour évaluer si ton conjoint a réelement changé, c’est à toi de juger s’il est moins exigeant et moins tyrannique qu’auparavant, s’il est plus respectueux et prévenant envers toi. Les listes des pages suivantes devraient t’aider à évaluer si ton conjoint change réellement.

On décrit dans la première liste des indications plus subtiles que ton partenaire ne démontre pas de signes réels de changement. La deuxième liste comprend une autre série d’indications qui démontrent la manipulation que ton partenaire peut t’infliger particulièrement par le biais des enfants.

 

INDICATIONS DE PEU OU PAS DE CHANGEMENT

Ton conjoint cesse de consulter, ou menace de le faire, et il doit être constamment encouragé ou poussé à poursuivre cette démarche.
Ton conjoint continue à avoir recours à la violence et aux menaces.
Ton conjoint continue de consommer de l’alcool ou de la drogue, ou laisse entendre qu’il cessera de te faire du mal plus tard, quand il aura arrêté de boire ou de prendre de la drogue.
Ton conjoint manque souvent des rencontres de son programme, se plaint constamment de ses coûts, ou s’attend à ce que ce soit toi qui payes la note.
 Même après plusieurs semaines de consultation, ton conjoint ne reconnaît pas les torts qu’il t’a causés.
Ton conjoint admet avoir un problème, mais il recommence à te violenter et te tient responsable de sa violence.
Ton conjoint utilise contre toi ce qu’il apprend à son programme.
Ton conjoint continue à t’accuser d’avoir des aventures, ou il te suit partout, t’harcèle et contrôle tous tes faits et gestes.
Si tu te sépares de lui, ton conjoint fait pression sur toi pour que tu reviennes, en utilisant des phrases comme: « Tu es la seule conjointe du groupe qui agit de cette façon.»  ou te culpabilise en disant: « Comment peux-tu faire ça à ton propre mari?» Il peut avoir recours au charme ou aux reproches: « Ne vois-tu pas tous les efforts que je fais pour toi?» Et, si ces approches ne réussissent pas, il peut passer à la colère et aux menaces: « Tu n’auras jamais un sou de moi si tu me quittes.»
Ton conjoint tente de t’amener à lui être reconnaissante, en disant des choses comme: « Ça fait six mois que je n’ai pas levé la main sur toi.»
Ton conjoint n’arrête pas de dire: « Maintenant, c’est à ton tour de changer.»
Ton conjoint ne tolère aucune expression de ta colère au sujet de la façon dont il te traite. Il te lance des expressions comme: « Tu n’as pas le droit de me retourner le fer dans la plaie.» Ou encore, il laisse entendre que ta colère est susceptible de déclencher de nouveau sa violence.
Ton conjoint te laisse entendre qu’il ne changera que si tu es là pour le motiver. Il se sert de sa « thérapie» comme monnaie d’échange, et utilise des formules comme: «Je n’y arriverai jamais sans toi.»

 

  

D’AUTRES INDICATIONS DE PEU OU PAS DE CHANGEMENT:

LE CONTRÔLE PAR LE BIAIS DES ENFANTS

Il adopte une attitude extrêmement dépressive - voire suicidaire - en présence des enfants et te blâme de sa dépression.
Il critique ta façon de discipliner les enfants en suggérant que tu es incapable de les contrôler.
Il dit aux enfants qu’il n’a jamais eu l’intention de te faire du mal et que tu es rancunière.
Il questionne les enfants sur toi et tes activités; il essaie de les amener à t’espionner.
Il essaie de contrôler tes faits et gestes par l’entremise des enfants, en insistant, par exemple, pour que tu les amènes partout avec toi.
Il menace de te punir en réclamant la garde des enfants, même s’il n’a aucunement envie de les élever lui-même.
Si vous êtes séparés, il te blâme et dit aux enfants des choses comme: «Maman m’empêche de venir vous voir».
 Il dit aux enfants que maman est celle qui l’a expulsé de la maison et qui a bouleversé leur vie.
Il arrive à l’improviste pour exercer ses droits de visite et se met en colère quand tu refuses de lui laisser voir les enfants. Ou encore, il prolonge graduellement la durée de ses visites, même si cela te rend mal à l’aise.
Il s’en prend à toi et aux enfants en «oubliant» de se présenter à ses jours de visite ou en les annulant constamment.
Il inonde les enfants de cadeaux coûteux et leur laisse entendre qu’ils en auraient davantage si maman acceptait de le reprendre à la maison.
Il dit aux enfants que tu l’as quitté pour un autre homme.
Il laisse entendre que tu gâches la vie des enfants en les privant de la présence de leur père. «Réfléchis bien aux torts que tu leur causes», te dit-il. Il refuse de reconnaître que c’est la violence qui a créé le problème et que tu avais le droit d’assurer ta protection et celle des enfants.

 

 

INDICATIONS  D’UN  CHANGEMENT  POSITIF

Voyons maintenant une liste de signes indiquant qu’une amélioration est peut-être en train de s’opérer. Tu peux répondre aux questions suivantes par oui ou par non. Les réponses positives sont peut-être l’indication d’un changement.

  OUI NON
Est-ce que ton conjoint a mis fin à toute violence physique, menace ou autre tactique d’intimidation?      

Sens-tu que tu peux en toute sécurité être en désaccord et discuter avec lui,  te mettre en colère, te plaindre de son comportement, refuser de faire l’amour - tout cela sans avoir à t’excuser ni à nuancer tes dires?

   

Est-ce que tu peux avoir une vie autonome, avoir des amis et des intérêts à l’extérieur de la maison, sans que ton conjoint ne tente de te déprécier, de t’en empêcher, de vérifier tes faits et gestes, ou de te faire sentir coupable?

   

Est-ce qu’il prend la responsabilité de sa violence et de sa vie? A-t-il cessé de te blâmer de ses propres problèmes?

   
Est-ce qu’il te félicite et t’appuie?    
Te démontre-t-il de la gratitude pour ce que tu fais pour lui?    
Est-ce qu’il a tout à fait cessé de te rabaisser et de t’humilier?    

Peux-tu être en sa compagnie sans te sentir tendue ou inquiète à cause de ses humeurs?

   

Est-ce que tu peux négocier avec lui sans que le résultat ne soit toujours ce qu’il voulait au départ? Est-ce qu’il t’arrive d’obtenir ce que tu veux?

   
Est-ce que tu es plus heureuse avec lui qu’auparavant?     
A-t-il cessé de faire pression sur toi pour que tu lui pardonnes et que tu tournes la page? Est-ce qu’il a cessé d’exiger ta gratitude pour l’arrêt de la violence? A-t-il cessé de dire des choses comme: « Vois-tu combien tu es chanceuse que je n’agisse plus ainsi avec toi?», ou encore « Il y a beaucoup de gens qui sont bien plus violents que je ne l’étais?»    
Ton partenaire t’écoute-t-il? Est-ce qu’il se souvient de ce tu lui dis?    

Est-ce qu’il se montre sensible à tes propres intérêts, sans essayer de prendre le contrôle ou de te dire quoi faire?

   
Est-ce que ton partenaire a cessé de nier, de cacher ou de minimiser ses violences?    
A-t-il fait preuve d’une amélioration soutenue pendant au moins six mois?    
     
     
     

Source : Ann Jones et Susan Schechter.  « Quand l’amour ne va plus, échapper à l’emprise d’un conjoint manipulateur» ed. : Le Jour, éditeur, 1994.