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La violence conjugale et les enfants

Le pouvoir et le contrôle

La violence conjugale réduit à l’impuissance les milieux familiaux dans lesquels on la retrouve, et encore aujourd’hui, il est difficile de déceler ceux qui en sont  victimes, d’où l’importance de savoir : qu’est-ce qu’implique la violence, comment peut-elle être infligée, de quelle manière peut-elle blesser, briser, attrister, humilier, gêner, dégrader etc. Il est clair que le pouvoir et le contrôle sont les moteurs de la violence et de l’agresseur, des tactiques différentes les unes des autres sont utilisées, mais ont en commun d’être néfaste et destructrice pour la victime.

Dans les situations de violence conjugale, il nous arrive parfois d’oublier les petits yeux et les petites oreilles qui sont assurément exposés à cette violence. Quoi de plus normal pour un enfant que d’avoir une personne sur laquelle il peut compter et grâce à laquelle il se sent en sécurité? Dans les situations de violence conjugale, ce sentiment de sécurité est inexistant, l’enfant éprouve une gamme d’émotions très intense, car celui-ci est une victime directe de la violence conjugale, il voit, entend et subit la violence de l’agresseur. En d’autres mots, un enfant qui est témoin de violence conjugale vit, de façon très concrète, une forme de mauvais traitements envers les enfants. 

Ces mauvais traitements engendrent des dommages et ceux-ci peuvent durer toute une vie. La violence conjugale blesse et met en danger la survie, la sécurité, l’estime de soi, la croissance et le développement de l’enfant. Il peut impliquer un seul incident ou un schème d’incidents. Les enfants qui ne sont pas victimes directement peuvent cependant souffrir de négligence émotionnelle, ils éprouvent un manque d’amour, d’acceptation, de sécurité et d’estime de soi. Le fait d’être témoin de violence conjugale est aussi nocif que de l’avoir vécu directement.

Dans ces situations de violence, il est très important de rassurer les enfants et de leur donner du soutien, car ce qu’ils vivent n’est pas de leur faute. Nous devons les écouter ouvertement et calmement. Il est important de leur permettre de briser le silence qui entoure la violence, renforcer leur capacité à se protéger physiquement et psychologiquement, renforcer leur estime de soi et leur offrir un milieu de vie sain et agréable.

Les effets des mauvais traitements des enfants et de la violence familiale se manifestent de bien des façons. Voici quelques-uns des signes de mauvais traitements, surtout lorsqu’ils se manifestent ensemble ou qu’ils représentent un changement de comportement :

  • Blâme de soi, sentiments  de culpabilité et de honte, attitude très dépendante, timidité extrême, cauchemars intenses à répétition, solitude, excès de tristesse prolongée, trouble d’angoisse, crainte des étrangers, crainte des personnes qui sont du même sexe que l’agresseur, anxiété et phobie.
  • Perte de confiance envers les autres, sentiments de stigmatisation, attachement angoissé aux parents et aux fournisseurs de soins, estime de soi extrêmement faible, difficulté à faire confiance aux autres, colères violentes, pensées suicidaires, trouble de l’alimentation, terreur nocturne, incontinence urinaire nocturne, maux de tête, maux de ventre.

L’agresseur s’acquière le pouvoir de manipuler et de restreindre la victime à son contrôle et ainsi manier les sentiments de la victime à sa guise. C’est ce qui caractérise le phénomène du cycle de la violence. La fragilité de la victime et la forte tendance à la tromperie et aux mensonges de l’agresseur instaurent un cycle de tension, d’agression, de justification et d’espoir.